jeudi 10 mai 2012

"Orpheo Song" de Station


L'aboutissement d'un projet artistique est toujours un moment dont l'intensité émotionnelle à quelque chose d'ineffable, pour ceux qui de près ou de loin l'ont suivi et porté. La création inspirée a cela de beau, qu'elle ouvre à chaque réalisation de nouvelles portes et souligne de nouveaux espaces à investir.  Pour les avoir suivi depuis leurs débuts, voire même leurs "balbutiements" (je  garde précieusement l'enregistrement rarissime des premiers accords de guitare du chanteur) il est facile d'imaginer mon émotion lorsque j'ai pu tenir le premier album "I won't be long" du groupe Indie Rock rennais Station et visionner peu après leur tout premier clip.





A l'image du Web 2.0, ce projet a été une aventure collective, puisqu'il a débuté par un appel aux soutiens (moraux et financiers ;) au moyen de l'astucieuse "Maison de créativité" KissKissBankBank, bien connue des créateurs en tout genres. Soutenus et produits par le metteur en scène et comédien bordelais Renaud Cojo (Et puis j'ai demandé à Christian de jouer l'intro de Ziggy Stardust; Plus, tard j’ai frémi au léger effet de reverbe sur I Feel Like A Group Of One - "Suite Empire"), les jeunes musiciens ont su trouver dans cette collaboration la confiance et l'expérience nécéssaire à la réalisation d'un projet de cette envergure. A la clé se dégage une pop soignée et intérieure dans la lignée du rock anglais d'aujourd'hui et d'hier, de David Bowie à Arcade Fire en passant par les Libertines.




Official "Orpheo'Song" Video.
Directed By Renaud Cojo For STATION
© Ouvre le Chien Music 2012


Orpheo'Song - premier clip officiel du groupe Station - est une oeuvre à part entière où la musique se mêle à une esthétique visuelle sophistiquée. On se laisse facilement porté par la gravité  mélancolique de l'entrainante mélodie du groupe, à la recherche de cette Orpheo mystérieuse à qui la chanson est dédiée. Qui est elle et d'où lui vient cette tristesse? Est-ce cette petite fille qui semble regarder le passé dans les technologies d'aujourd'hui? Par une succession de mises en abimes temporelles et spatiales, où se dessine un jeu de miroirs introspectif, on reconnait la marque du théâtre de Renaud Cojo. 
Les images fortes des visages masqués par des dessins d'enfants interpellent. L'enfance, "cocon" fondateur et déterminant dans la construction de l'identité est elle pour ceux qui se cherchent, un masque derrière lequel on se réfugie pour crier? La symbolique du masque, derrière laquelle se cache la souffrance et le questionnement, n'est pas sans rappeler le masque de vers dans Comfortably Numb des Pink Floyds.  Pourtant, face à la mer, les jeunes bretons semblent vouloir dépasser ces interrogations en évoluant comme hors du temps et du lieu, faisant des éléments et de l'éternité les seuls témoins de mélodies que le vent se chargera d'apporter à ceux qui sauront les entendre - comme cette petite fille. On ressort donc, à l'instar d'Orpheo, ému par un clip qui laisse dans nos têtes "some music that moves". 

Bravo à Eliott Manceau, Thibaud Vitré, Brieuc Bohu, Alex Legallet, Iwan Benoist et Renaud Cojo pour ce projet.

JX.

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